mardi 20 mars 2012

On est coupable

Addendum du 21 mars : on a sans doute dû trop lire les poèmes de Brasillach.
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Méfions-nous du qu'en-dira-t-on. On n'est jamais sûr de rien. On entend tout et n'importe quoi. Parce que bon, on dit ci, on dit ça, on cause... Mais d'abord, qu'en sait-on ?

Je me le suis laissé dire. On trame, on ourdit, on manigance. Il paraîtrait que... enfin, c'est ce qu'on m'a rapporté. On se rend pas compte.

Non mais où va-t-on, si on continue comme ça ? Parce qu'on se le demande : de qui se moque-t-on ? Et d'abord c'est qui cette bande de qu'on? On s'interroge. En fait, non. On déconne, on déconne mais en définitive on s'en fout.

mercredi 7 mars 2012

Disparition du terme «mademoiselle» : une belle victoire de nos féministes


HERAT (Afghanistan), 7 mars 2012 (AFP) - Des bandages épais enroulés tout autour de son corps d'enfant, Aatifa, 16 ans, attend une greffe de peau après s'être immolée par le feu, seule réponse qu'elle ait trouvée au harcèlement de sa belle-famille, comme des dizaines d'autres dans l'ouest de l'Afghanistan.

Mariée à 14 ans, cette ouvrière en tapis, membre d'une famille de neuf enfants, n'en pouvait plus des reproches de sa belle-mère. Ni des coups de son mari, auprès de qui elle s'en plaignait, de ses déclarations haineuses ou de ses menaces de remariage.

Dans un ultime cri de désespoir, Aatifa s'est aspergée de pétrole. Puis elle s'est embrasée, devant son foyer. "Je voulais me tuer, c'est tout, explique-t-elle à l'AFP sur son lit d'hôpital. Que puis-je faire ? Je ne suis plus bonne à rien. Je veux divorcer. C'est mieux de tout arrêter."

Le cas d'Aatifa est relativement commun. Comme elle, 83 femmes se sont immolées par le feu cette dernière année à Herat, la grande ville de l'ouest afghan, selon des médecins de l'hôpital local.

Une forme de suicide importée de l'Iran, distant de quelques dizaines de kilomètres seulement, et souvent vue par des adolescentes mariées trop jeunes comme l'unique solution à leurs difficultés domestiques. (...)

vendredi 17 février 2012

samedi 11 février 2012

« Alors ça vous fera deu-heuro trente »


Voilà maintenant 10 ans que, bon gré mal gré, la reichmonnaie d’occupation circule sur les caisses et les comptoirs de France. Tout le monde s’y est fait ou presque, bien obligé. Avec un bémol, comme diraient les journaleux qui confondent harmonie musicale et couille dans le potage : l’euro ne s’est jamais vraiment inséré dans la langue quotidienne.

Chez le buraliste ou chez la crémière, c’est un festival. On entend facilement deu-heuro, troi-heuro, di-heuro. Pour les sommes plus importantes, le cen-heuro est courant. Parfois, on a droit à cen-zeuro parce que quand même, y’a comme un vide qu’il faut combler. Mais on sait au fond que ça colle pas.

Je veux bien que le Français moyen (concept moisi) ait parfois quelques difficultés avec les liaisons, qu’il ne sache pas toujours où il faut un s, où il faut un t, un d ou encore une de ces consonnes qui font chier quand on cause. Et je te dis pas quand on écrit ! Certes, avec une monnaie dont le nom commençait par un f, c’était plus simple.

Mais enfin, Marcel et Lucienne ont en tête quelques exemples simples qui, à la longue, auraient dû faciliter une diction correcte pour parler pognon. Petit florilège : on n’a pas tous les jours vingt ans, mon village dépasse pas trois cents habitants, la guerre de Cent Ans, je me suis levé à six heures (ou à huit heures), mon neveu a trois ans, etc.

Et pourtant ça coince toujours. Alors je me dis qu’outre les réelles difficultés de la langue (sans compter la paresse et l’indifférence), il y a une explication dont on parle peu. C’est que l’euro reste, dans l’esprit de beaucoup, un corps étranger. Un machin qu’on nous a bombardé un jour, là, tenez débrouillez-vous avec ça. Du coup, les gens l’isolent par réflexe, comme pour le couper du reste de la phrase dans laquelle il n’a pas vraiment de légitimité. Un jour, le rejet pourrait bien se traduire par une expulsion.

mardi 24 janvier 2012

Franchouillard vs branchouillard


Sur quelle radio était-ce ? Je zappe quand je suis en voiture... Ce n’est pas que ce soit important mais ça me trotte dans la tête depuis quelques jours. Je crois que c’était une fréquence musicale qui joue l’interactivité. Le genre les crétins parlent aux crétins. Le sujet n’était pas franchement politique. Mais à un moment, la petite dinde au téléphone, espèce de Mélanie au ton branchouille si répandu aujourd’hui («tu vois, j’veux diiiran…») lâcha le mot «franchouillard». L’animateur eut un «ouarf» complice avant de passer à autre chose.

Franchouillard. Curieux ce terme utilisé à profusion qui, selon la personne qui le prononce et la charge qu’on lui attribue, évoque tantôt un clin d’œil positif, éventuellement distant mais compréhensif (une ambiance franchouillarde peut être sympa, que je sache), tantôt un mépris hautain pour tout ce qui est populaire. On a tellement glosé sur le «beauf» que la coupe est pleine. Dans l’acception dédaigneuse, c’est le mot qui tue. La sonorité même du suffixe «ouillard» rend la sanction définitive, avec son cortège de béret, de gros rouge, de costard à deux balles, de blouse à fleurs et de rire gras. La cause est entendue.

Ce qui est drôle, c’est lorsque dans une conversation vous changez le préfixe. Tentez l’expérience. En bonne compagnie, évoquez le germanouillard qui beugle comme une vache et rote à la fête de la bière, vous allez voir quelques sourcils se froncer. Pour casser une ambiance bobo, l’anglouillard est très bien aussi, un bon gros John Smith aviné, supporteur de foot à tronche de cake et croix de saint Georges. L’italouillard, séducteur bellâtre et niais, bouffeur de pâtes parlant avec les mains, l’hispanouillard macho qui braille «olé» dans les corridas sanguinaires font également leur petit effet. Pas de scandale, juste des regards gênés et soupçonneux. Mais surtout ne dépassez pas les bornes en évoquant le maghrebouillard ou l’africouillard, ça ne peut pas exister, on s’offusquerait illico et vous verriez les brigades de vertu débarquer dans la minute. D’ailleurs je ne vois même pas de quelle façon on pourrait les caricaturer.

vendredi 20 janvier 2012

Hollande : - 2 points

On apprend, en lisant Le Parisien, que le candidat Hollande a eu une riche idée. Riche mais non imposable en France. Yannick Noah, l'exilé fiscal préféré des sondages bidons devrait être l'une, sinon la vedette du «grand meeting» de Guimauve le Conquérant ce dimanche 22 janvier au Bourget.

Selon Le Parisien, «Noah sera installé dans les premiers rangs. Chantera, chantera pas? Pour l’instant, ce n’est pas prévu, même si Hollande a récemment commencé un meeting à Tulle avec le tube "Donne moi une vie"...»

Visiblement, Flamby ne néglige aucun effort pour se rapprocher des classes populaires. Où Noah fait l'objet, comme on sait, d'une profonde vénération. Ne manquent plus que BHL, Joey Starr et Guy Bedos.

À moins que ce ne soit la partie la mieux intentionnée de l'entourage du candidat PS qui lui ait conseillé ce joli coup de com.

Dire que le temps maussade qui sévit sur Paris commençait à me rendre morose...

jeudi 5 janvier 2012

Il y a 600 ans naissait Jeanne d'Arc


Pour célébrer l'événement, je ne puis faire mieux que céder la parole à Laurent Dandrieu, journaliste et critique littéraire à Valeurs actuelles qui nous livre un bel et vibrant article sur la sainte. Extrait :

Dans Jeanne relapse et sainte, Bernanos s’encolérait que «certains dévots, de l’espèce larmoyante, que le moindre acte de violence politique jette dans de véritables transports, la langue hors de la bouche et les yeux noyés, honorent pieusement à Saint-Sulpice des Jeanne de plâtre cuirassées de peinture d’aluminium» quand ses contemporains «l’avaient vue rentrer dans la bastille de Saint-Loup, bannière haute, et le sang ruisselant sur son armure» : mais pour se vacciner contre cette Jeanne sulpicienne, il suffit d’écouter sa voix et d’entendre cette Pucelle, du haut de ses 17 ans, sommer Henri VI de s’en retourner : «Roi d’Angleterre, si vous ne le faites ainsi, je suis chef de guerre et en quelque lieu que j’atteindrai vos gens en France, je les en ferai aller, qu’ils veuillent ou non. Et s’ils ne veulent obéir, je les ferai tous occire ; je suis ici envoyée de par Dieu, le Roi du Ciel, corps pour corps, pour vous chasser hors de toute la France.»

dimanche 1 janvier 2012

mardi 20 décembre 2011

Jacques a dit...



... qu'il valait mieux en rire. Ou essayer au moins, puisqu'en bon réactionnaire, on ne peut pas feindre le détachement plus de 30 secondes. Vieux con peut-être, mais bon sang j'aime ça, scrogneugneu ! (© Noël Roquevert)

À l'heure où le petit théâtre présidentiel se met en place, ce morceau de l'ami Jacques ne peut pas faire de mal. Misanthrope (un peu), déconneur (beaucoup), insaisissable (souvent), Dutronc joue désormais les ermites sur sa terre d'accueil corse. C'est mieux que de venir faire le pitre aux Enfoirés, à côté de Mimi Mathy et Patrick Timsit.

Et puis sa femme aurait, dit-on, de bonnes idées. C'est-à-dire, vous l'avez compris, des opinions qui dégagent une odeur de soufre chez les constipés du showbiz (ici chez Ardisson).
Mais passons. Donc, ce petit bijou dutronesque est dédié à tous les Lang, Bayrou,Villepin, Boutin, Dati, j'en passe et de bien plus sinistres... Open liste à ceux qui me font l'honneur de me lire.