mercredi 11 novembre 2009

11 novembre, 8 mai, commémorations


« C’est l’histoire des tirailleurs qui se sont battus pour la mère patrie mais qui, le jour de la victoire, n’ont pas eu le droit de défiler sur les Champs-Elysées parce qu’ils étaient arabes ou noirs ».

Jamel Debbouze à propos du film Indigènes.
(source)









Paris, 1945. Défilé de la victoire. La Nouba du 1er régiment de Tirailleurs marocains.

samedi 7 novembre 2009

Irak : la démocratie en marche


Voitures blindées, rémunérations faramineuses, passeports diplomatiques pour la famille, terrain offert : les députés irakiens toutes tendances, ethnies et confessions confondues, se sont octroyés en catimini des privilèges qui scandalisent le pays.
Le texte a été discrètement voté il y a un mois. Chaque député désormais touchera la somme de 25 500 dollars par mois (le salaire moyen en Irak est de 500 dollars) et pendant dix ans après la fin de son mandat, il percevra une rémunération égale à 80% de son salaire.

vendredi 6 novembre 2009

Ô bonneu moukère !



MOUKÈRE, MOUQUÈRE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1863 moukeiras plur. (A. Camus, Bohêmes du drapeau, pp.67 et 174); 1863 moukères (Id., ibid., p.208); 1885 mouqueires (Méténier, Lutte, p.92 ds Sain. Lang. par., p.160); 1888 mouquère (d'apr. FEW t.6, 3, p.200b); 1897 mouquère (A. Daudet, La Fédor, p.56 ds Pauli).



Empr. au sabir algérien moukera, mouchéra «femme» (1830, Dict. de la lang. franque ou petit mauresque, Marseille, pp.17 et 34) et celui-ci à l'esp. mujer «id.», du lat. mulier «id.». Cf. Lanly, p.42: ,La moukère (ou la mouquère): c'est à l'origine un mot espagnol (mujer) adopté d'abord par l'arabe. La jota espagnole correspond exactement au [hFa] arabe: la prononciation k est donc le fait d'Européens non espagnols.

jeudi 5 novembre 2009

Sévèrement burné


Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé à titre exceptionnel de débaptiser la Grosse courge du jour. Ce jeudi, elle va s’appeler la Grosse couille du jour. Et elle est décernée, avec révérence et respect, à Bruno-Roger-Petit qui fait office de je ne sais plus trop quoi au Post.fr.

Pourquoi Grosse couille ?
Eh bien parce que, comme aurait dit Tapie en son temps, il est sévèrement burné le BRP (Bonimenteur-Représentant-Placier) de la pensée unique citoyenne-tolérante-et-métissée®.
Rendez-vous compte. Et accrochez-vous… Vous savez ce que c’est que le courage ? Que dis-je, la témérité ?
Voici ce que le gros couillu du Post a osé dire (source) :

« (…) on se demande combien la jeunesse, la beauté, l'intelligence, la couleur (oui, je le dis) de Rama Yade ont du déranger, insupporter, le coeur du choeur de la droite profonde. » (sic)

D’abord, quand on donne des leçons, on commence par écrire correctement. Donc, « ont déranger ».
Ensuite, cette parenthèse est une petite merveille : « (oui, je le dis) ».
Voici que BRP se prend à témoin de sa propre audace. Il se mire dans cette parenthèse. Il en appelle aux lecteurs. Moi-même personnellement, sous vos applaudissements ébaubis de moutons bien-pensants, j’ose sous-entendre, insinuer que Rama Yade aurait pu être victime de racisme.
Admiration.
On peut comprendre que BRP ait un début d’érection en pensant à Rama. Après tout, chacun ses fantasmes. Peut-être attirera-t-il son attention par ce genre de saillies... C’est déjà aventureux.
Mais l’intrépidité, la force d’âme, l’esprit de résistance antiraciste dont il fait preuve dans cette simple parenthèse, alors là ça m’en bouche un coin. C’est ce qui s’appelle prendre des risques. Surtout de nos jours.
Mais ce n’est qu’un début. Je sens qu’un jour, BRP alias Jean Moulinet va nous faire un coup d’éclat. Qui sait si l’an prochain, bravant sa peur, jouant le tout pour le tout, il ne restera pas dans l’histoire en criant, en pleine Fête de l’Humanité : « Le Pen, facho !! » ?

mardi 3 novembre 2009

Marché de Provence

Il y a tout au long des marchés de Provence
Qui sentent, le matin, la mer et le Midi
Des parfums de fenouil, melons et céleris
Avec dans leur milieu, quelques gosses qui dansent
Voyageur de la nuit, moi qui en ribambelle
Ai franchi des pays que je ne voyais pas
J'ai hâte au point du jour de trouver sur mes pas
Ce monde émerveillé qui rit et qui s'interpelle
Le matin au marché

Voici pour cent francs du thym de la garrigue
Un peu de safran et un kilo de figues
Voulez-vous, pas vrai, un beau plateau de pêches
Ou bien d'abricots?
Voici l'estragon et la belle échalote
Le joli poisson de la Marie-Charlotte
Voulez-vous, pas vrai, un bouquet de lavande
Ou bien quelques oeillets?
Et par dessus tout ça on vous donne en étrenne
L'accent qui se promène et qui n'en finit pas



Mais il y a, tout au long des marchés de Provence
Tant de filles jolies, tant de filles jolies
Qu'au milieu des fenouils, melons et céleris
J'ai bien de temps en temps quelques idées qui dansent
Voyageur de la nuit, moi qui en ribambelle
Ai croisé des regards que je ne voyais pas
J'ai hâte au point du jour de trouver sur mes pas
Ces filles du soleil qui rient et qui m'appellent
Le matin au marché

(Photo via Fdesouche)

samedi 31 octobre 2009

Relents colonialistes

Football, équipe dite de France, 2008.

Hormis l'obsession de la symétrie des couleurs (visages et maillots), on notera que dans cette photo très officielle, l'encadrement (dans les deux sens du terme), est exclusivement blanc.
En outre, le type à la toque, en haut et au centre, est appelé «chef».
Tout un symbole. Scandaleux.

Brève de comptoir (III)


«Le naturisme, sur le dépliant c'est des jeunes filles à poil sur la plage.
Mais quand tu y es, c'est que des retraités de la SNCF.»

mercredi 28 octobre 2009

Qui caricature quoi ?

On apprend que l'affaire dite des «caricatures» de Mahomet vient de connaître un nouveau développement. On devait se douter que cette histoire les gonflait grave, les barbus. Et donc que c'était loin d'être fini :

« Les services de renseignement danois ont dit, mardi 27 octobre, prendre "très au sérieux" l'arrestation de deux hommes aux Etats-Unis accusés d'avoir planifié un attentat contre le quotidien danois Jyllands-Posten, qui avait publié des caricatures de Mahomet. » (voir Le Monde)

Il paraît que les fameux dessins stigmatisent l'islam, le défigurent, l'insultent, donnent de lui une mauvaise image et le font passer pour une religion de violence. Alors qu'en fait, non.























mardi 27 octobre 2009

Fine lame désarmée

lundi 26 octobre 2009

Balladur, droit dans le mur (redif actualisée)


Au début des années 90, on appelait ça la «jurisprudence Balladur». Tout ministre mis en examen se devait de démissionner. Sont passés par là Carignon, Tapie, Longuet, Roussin, Strauss-Kahn, etc.

Après la démission, les événements s’enchaînaient le plus souvent de la façon suivante :
- Le présumé innocent se disait «serein».
- Trois semaines après : «Je suis heureux de pouvoir enfin m’expliquer devant le juge».
- Un peu plus tard : «J’ai confiance en la justice de mon pays».
En général, ça aboutissait à un non lieu. Parfois, ça se terminait au gnouf. C'était une sorte de feuilleton qui faisait rire les joyeux désabusés.

Aujourd’hui, on a plutôt affaire à la jurisprudence «droit dans le mur». Tout «jeune» foutant le bordel dans le quartier avec une moto pétaradante et/ou non conforme et/ou volée se doit de prendre la fuite à l’arrivée de la police. (encore un nouvel exemple ici, un plus ancien là)

Ensuite, les événements s’enchaînent le plus souvent de la façon suivante :
- Après une course poursuite de quelques minutes, le fuyard se prend un mur en pleine tronche.
- A l’annonce de sa mort, ses copains foutent le feu au quartier et harcèlent les flics.
- La police jure ses grands dieux qu’elle n’a pas heurté la moto, le préfet confirme.
- La famille assure que le trépassé venait de trouver du travail, demande justice mais «appelle au calme».
- Pour les jeunes, «c’est la faute de la police».
- Montrant les dégâts, le maire de la ville «ne comprend pas».
- On fait imprimer des tee-shirts «Mort pour rien».
- Une marche silencieuse est organisée devant les caméras, la famille en tête aux côtés de l’imam.

En général, ça se reproduit en France à peu près tous les deux mois.
La similitude des deux mécanismes est tirée par les cheveux, je le concède. Je veux juste insister sur la prévisibilité du déroulement des faits. Ça ne rate presque jamais. Et ça fait toujours autant rire (jaune) les réactionnaires lucides.
Aujourd’hui en tout cas, la «jurisprudence Balladur» a sombré dans l’oubli. Mais la «jurisprudence droit dans le mur» a un bel avenir devant elle.