
En ces temps de turbulences monétaires et de tempête politique européenne, j’ai trouvé amusant de parcourir de nouveau, vingt ans après (mais sans D’Artagnan et ses amis), un livre de JP Chevènement intitulé Le Bêtisier de Maastricht. C’est un florilège des plus belles âneries proférées par nos zélites de l’époque (dont beaucoup sont encore là aujourd’hui) pour conditionner les Français, leur bourrer le mou, et in fine leur intimer l’ordre de voter oui au référendum organisé en 1992 par Mitterrand sur le traité qui décidait de la création de l’euro.
Rocard, Chirac, Lang, ils sont tous là. Entourés de Michel sapin, Ségolène Royal (déjà), Dumas, Guigou, Kouchner, Delors et sa fille Aubry, JF Kahn, FO Giesbert, Balladur, VGE, Attali, Juppé, Bayrou, j’en passe et de bien pires. Un festival.
De toutes ces citations, rétrospectivement plus péremptoires et plus bouffonnes les unes que les autres, j’ai retenu celle-ci. Elle est signée Jean-Marc Sylvestre, eurôlatre patenté et journaliste économique bien connu du paysage médiatique sinon du grand public.
« Pour pouvoir dîner à la table de l’Europe [monétaire], encore faut-il savoir se tenir à cette table et ne pas manger avec ses doigts […] Si la monnaie unique a un mérite, et un seul, c’est d’obliger les pays à se conduire correctement. »(18 septembre 1992, France Inter)
Bien. Laissons à chacun le soin d’apprécier la pertinence et l’indéniable caractère prophétique de ces propos. En regard et pour filer la métaphore gastronomique, je citerai de mémoire (elle m’avait marqué dans les années 80) cette phrase de Claude Imbert, éditorialiste au Point. Europhile certes, mais beaucoup plus intelligent et cultivé :
« En favorisant l’entrée de la Grèce dans la CEE le 1er janvier 1981, Giscard s’imaginait inviter Platon au banquet européen. En réalité, il se trouve face à un soudard qui met l’argenterie dans sa poche et insulte les convives. »
Précision : je me fous du machin dénommé Union européenne. Il peut sombrer, ça me donnera un prétexte pour reprendre deux fois des frites. Quant à répartir les responsabilités du naufrage, ce serait trop complexe. Les Grecs ? Je verserai une larme pour ce qu’ils ont apporté à la Civilisation. Ils finiront par s’en remettre. Mais alors chez les technocrates et dirigeants européens, j’espère que ça va dégager grave.
6 commentaires:
Faut le dire, on se fend la gueule quand même.
excellente initiative cette "relecture" et la référence à Platon !
Nos zélites comme vous dites nous trahissent depuis des lustres.
Les Grecs, c'est sûrement plus les mêmes qu'il y a 2 millénaires et demi. Il a dû y avoir une mutation génétique!!
Quand même, infliger les propos d'un présentateur télé comme argument, c'est petit.
"encore faut-il savoir se tenir à cette table et ne pas manger avec ses doigts"
Les Anglais ont tout de suite trouvé l'astuce, il suffit d'avoir une longue cuillère.
Coach Berny
moi je me souviens d'un co.. d'un président revenant de Maastricht en nous disant que c'était pas négociable, que c'était à prendre comme ça. en fait la plupart des pays l'on adopté à leur propre sauce sauf nous et notre glorieux roi des cons. le florentin on l'appelait... craquant!
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