
Sur quelle radio était-ce ? Je zappe quand je suis en voiture... Ce n’est pas que ce soit important mais ça me trotte dans la tête depuis quelques jours. Je crois que c’était une fréquence musicale qui joue l’interactivité. Le genre les crétins parlent aux crétins. Le sujet n’était pas franchement politique. Mais à un moment, la petite dinde au téléphone, espèce de Mélanie au ton branchouille si répandu aujourd’hui («tu vois, j’veux diiiran…») lâcha le mot «franchouillard». L’animateur eut un «ouarf» complice avant de passer à autre chose.
Franchouillard. Curieux ce terme utilisé à profusion qui, selon la personne qui le prononce et la charge qu’on lui attribue, évoque tantôt un clin d’œil positif, éventuellement distant mais compréhensif (une ambiance franchouillarde peut être sympa, que je sache), tantôt un mépris hautain pour tout ce qui est populaire. On a tellement glosé sur le «beauf» que la coupe est pleine. Dans l’acception dédaigneuse, c’est le mot qui tue. La sonorité même du suffixe «ouillard» rend la sanction définitive, avec son cortège de béret, de gros rouge, de costard à deux balles, de blouse à fleurs et de rire gras. La cause est entendue.
Ce qui est drôle, c’est lorsque dans une conversation vous changez le préfixe. Tentez l’expérience. En bonne compagnie, évoquez le germanouillard qui beugle comme une vache et rote à la fête de la bière, vous allez voir quelques sourcils se froncer. Pour casser une ambiance bobo, l’anglouillard est très bien aussi, un bon gros John Smith aviné, supporteur de foot à tronche de cake et croix de saint Georges. L’italouillard, séducteur bellâtre et niais, bouffeur de pâtes parlant avec les mains, l’hispanouillard macho qui braille «olé» dans les corridas sanguinaires font également leur petit effet. Pas de scandale, juste des regards gênés et soupçonneux. Mais surtout ne dépassez pas les bornes en évoquant le maghrebouillard ou l’africouillard, ça ne peut pas exister, on s’offusquerait illico et vous verriez les brigades de vertu débarquer dans la minute. D’ailleurs je ne vois même pas de quelle façon on pourrait les caricaturer.
1 commentaires:
Il fut un temps, ou l'homogénéité ethnique de ce pays (si, si, ça a existé) permettait de hurler en tournant la manivelle de la vitre latérale un "et vas donc eh ! Paysan !" de la plus belle facture.
De nos jours, il semble qu'il soit nécessaire de préciser le pays d'origine.
Coach Berny
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